Un autre graphique, provenant de San Diego aux États-Unis, compare le nombre d’hospitalisations dues à la COVID-19 entre ceux qui ont été entièrement vaccinés et ceux qui ne le sont pas :
Nous pouvons facilement percevoir les risques de la vaccination contre la COVID-19 comme étant plus importants qu’ils ne le sont parce que c’est ce que nous voyons dans les nouvelles. Il est bon de rappeler que les journalistes s’intéressent à l’inhabituel et au surprenant.Vous ne verrez jamais d’articles sur Mme X recevant deux doses d’un vaccin COVID-19 et n’ayant aucun effet secondaire et ne contractant pas la COVID-19. C’est parce qu’il s’agit d’un événement normal et attendu et qu’il n’est donc pas considéré comme intéressant ou “digne d’intérêt”. Par contre, les effets secondaires rares de la vaccination, les maladies graves ou même les décès chez les personnes vaccinées sont des “nouvelles” et font l’objet d’une attention particulière parce qu’ils sont si inhabituels.Il peut être encore plus difficile d’évaluer correctement les risques et les avantages à l’heure actuelle, alors qu’une plus grande partie de la population est entièrement vaccinée contre la COVID-19 et que nous assistons à ce que l’on appelle une quatrième vague d’infections dues à la variante delta de la COVID-19.Les reportages authentiques ne sont pas les seuls à pouvoir alimenter des perceptions erronées de la COVID-19. Les médias sociaux sont surchargés d’informations incorrectes et inexactes sur les vaccins contre la COVID-19 et leurs éventuels effets secondaires, délibérément diffusées par ceux qui tentent d’induire les gens en erreur ou de créer une opposition aux autorités médicales. Par exemple, il n’y a absolument aucune preuve que la vaccination peut conduire à l’infertilité, mais c’est l’un des nombreux mèmes qui ne cesse de refaire surface sur les médias sociaux, quelle que soit l’efficacité avec laquelle il est réfuté par des scientifiques légitimes.Malheureusement, certaines personnes croient sincèrement à ces fausses déclarations et les diffusent dans l’espoir de mettre en garde les autres. Cependant, la déclaration initiale est souvent générée avec une intention malveillante.La lutte contre la désinformation a été identifiée comme l’un des principaux défis auxquels sont confrontés ceux qui tentent de contrôler et d’éradiquer la COVID-19 et d’augmenter les taux de vaccination. Pour quelqu’un qui essaie simplement de faire ce qu’il faut pour se protéger et protéger ses proches, l’approche devrait être d’évaluer de manière critique tout ce que vous voyez sur la COVID-19 et la vaccination et d’utiliser des informations et des conseils provenant de sources fiables (par exemple l’OMS, le CDC l’agence de santé publique du Canada) et soutenus par des preuves scientifiques solides.Bien sûr, si vous n’achetez pas un billet de loterie, vous ne pouvez pas gagner. Mais si vous ne vous faites pas complètement vacciner contre la COVID-19, vous risquez de perdre beaucoup. Et comme la 4e vague se propage, les chances ne sont pas en votre faveur.
À propos des auteurs
Jean Bourbeau est directeur du centre de médecine innovatrice du CUSM, de la clinique MPOC et l’Unité de réadaptation pulmonaire, à l’Institut thoracique de Montréal du CUSM. Ses travaux et recherches, surtout sur la MPOC, la réadaptation pulmonaire, les programmes intégrés de soins avec autoprise en charge chez les patients avec MPOC (www.mieuxvivreavecunempoc.com) ont eu une influence non seulement dans le domaine de la recherche, mais aussi dans la pratique clinique ainsi que dans le domaine public au niveau national et international.
Dr Jean Bourbeau
MD, MSc, FRCPC
Maria Sedeno gère RESPIPLUS, un organisme à but non lucratif voué à l’amélioration de l’éducation des professionnels de la santé et des patients dans le domaine respiratoire. Elle est co-auteure des programmes Mieux vivre avec une MPOC et Mieux vivre avec une fibrose pulmonaire. Ces plateformes éducatives en autogestion aident les patients à faire les changements nécessaires dans leur mode de vie afin de mieux gérer leur maladie chronique. Maria Sedeno dirige les développements nationaux et internationaux liés à ces programmes.
Maria Sedeno
MM, BEng




