L’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) au Canada : de l’innovation à l’accès

« Quand je suis enfin arrivée dans une clinique spécialisée en hypertension pulmonaire, j’avais du mal à traverser la pièce. »

Son histoire n’a rien d’exceptionnel. Comme beaucoup de Canadiennes et de Canadiens vivant avec une hypertension artérielle pulmonaire, on lui a répété pendant des années qu’il s’agissait d’asthme, d’anxiété ou simplement d’un manque de forme, tandis que son monde se rétrécissait à chaque escalier qu’elle n’arrivait plus à monter.

Les données d’enquête montrent que la moitié des patients au Canada attendent plus de deux ans avant de recevoir un diagnostic confirmé, subissant souvent des erreurs diagnostiques répétées, une perte d’emploi et un sentiment constant d’incertitude quant à l’avenir.

Ce rapport rassemble des histoires comme la sienne, ainsi que des données nationales et l’expertise de spécialistes, pour montrer comment le diagnostic tardif, la fragmentation des soins et l’inégalité d’accès aux traitements influencent concrètement la vie des personnes touchées et ce qu’il faut changer pour y remédier.

Découvrez les dernières conclusions des principaux experts canadiens et internationaux sur l’état des soins de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) au Canada et sur les changements nécessaires pour que les progrès scientifiques profitent réellement aux patients.

Téléchargez le rapport : « L’hypertension artérielle pulmonaire au Canada : combler le fossé entre l’innovation et l’accès ».

Disponible uniquement en anglais.

Table des matières

À propos du rapport

Malgré les progrès importants réalisés dans le domaine des traitements, les Canadiens atteints d’hypertension artérielle pulmonaire continuent de faire face à des retards dans le diagnostic, à des soins fragmentés et à un accès inégal aux traitements vitaux.

Ce rapport d’enquête rassemble des cliniciens, des experts en politiques et des défenseurs des droits des patients afin d’examiner l’état de préparation du Canada à la prochaine ère des soins de l’HTAP.

Élaboré à partir d’entretiens avec des experts, de données d’enquêtes nationales et de comparaisons internationales, ce rapport met en évidence les réformes urgentes nécessaires pour améliorer les résultats, renforcer la préparation du système de santé et réduire les inégalités entre les provinces.

Principales conclusions

  • Les retards de diagnostic restent critiques : la moitié des patients canadiens attendent plus de deux ans pour obtenir un diagnostic confirmé.
  • La préparation du système est en retard par rapport à l’innovation : de nouveaux traitements comme le sotatercept sont approuvés, mais ne sont pas encore accessibles dans de nombreuses régions.
  • La pénurie de main-d’œuvre limite l’impact : les centres de HTP offrent des soins de classe mondiale, mais manquent d’infirmières, de pharmaciens et de travailleurs sociaux pour soutenir la gestion complexe des traitements.
  • Les registres sont sous-utilisés : le système volontaire du Canada empêche les améliorations fondées sur les données observées en France et en Allemagne.
  • Les inégalités persistent : la géographie et le cloisonnement provincial dictent l’accès aux tests et aux traitements, ce qui affecte de manière disproportionnée les communautés rurales et autochtones.

À qui s'adresse ce rapport

Ce rapport est particulièrement pertinent pour :

  • Les pneumologues, cardiologues et internistes qui traitent l’hypertension pulmonaire
  • Les responsables politiques et les administrateurs des ministères de la santé ou des organismes payeurs
  • Les associations de défense des patients et les professionnels de santé associés
  • Les décideurs du secteur de la santé impliqués dans la planification des soins pour les maladies rares et chroniques

Who Should Read This Report

This investigation is pertinent reading for:

  • Respirologists, cardiologists, and internists managing pulmonary hypertension
  • Policy leaders and administrators in health ministries or payer organizations
  • Patient advocacy organizations and allied health professionals
  • Healthcare decision-makers involved in rare disease and chronic care planning

Contributeurs

Ce rapport a été élaboré en collaboration avec des experts canadiens de premier plan, notamment :

  • Dr Jason Weatherald, Université de l’Alberta (président du comité de planification scientifique)
  • Dr Paul Hernandez, Société canadienne de thoracologie (SCT)
  • Dr Nathan Brunner, Société canadienne de cardiologie (SCC)
  • Dr David Langleben, Université McGill
  • Dr Alan Kaplan, Groupe des médecins de famille spécialisés en pneumologie du Canada (FPAGC)
  • Jennifer Lee, Société canadienne d’échocardiographie (SCE)
  • Jamie Myrah, Association canadienne de l’hypertension pulmonaire (PHA Canada)
  • Beth Slaunwhite, experte-patiente
  • María Sedeno, Respiplus
  • Katrina Metz, Respiplus

Nous remercions sincèrement les organisations dont l’expertise et la collaboration ont contribué à l’élaboration de ce rapport : la Canadian Thoracic Society (CTS), la Canadian Cardiovascular Society (CCS), le Family Physician Airways Group of Canada (FPAGC) et la Pulmonary Hypertension Association of Canada (PHA Canada).

Leur engagement à faire progresser la prise en charge de l’hypertension artérielle pulmonaire au Canada a été essentiel à ce travail.

À propos de RESPIPLUS™

RESPIPLUS™ est un organisme à but non lucratif qui se consacre à l’amélioration de la santé respiratoire par le biais d’une éducation fondée sur des preuves et d’un changement systémique.

Ce rapport a été développé par RESPIPLUS™, avec la contribution d’experts canadiens et internationaux de premier plan et avec le soutien d’une subvention éducative indépendante de Merck Canada.

merck logo

Télécharger le rapport complet

Découvrez comment nous pouvons transformer la promesse de l’innovation médicale en soins équitables et accessibles pour tous les Canadiens atteints d’HTAP.

Disponible uniquement en anglais.

Ressources connexes

Continuez à explorer les soins et l’éducation en matière d’hypertension pulmonaire grâce à nos dernières initiatives d’apprentissage et à nos programmes dirigés par des experts :

En savoir plus sur l'hypertension pulmonaire

Pour mieux comprendre l’hypertension pulmonaire, notamment ses causes, ses symptômes, son diagnostic et ses stratégies de traitement, consultez notre page éducative complète :

En savoir plus sur l’hypertension pulmonaire

Pour aller plus loin : formation accréditée sur l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)

Pour les professionnels de la santé qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur l’hypertension artérielle pulmonaire, nous offrons un cours en ligne accrédité et gratuit, conçu pour renforcer la confiance diagnostique et améliorer la prise de décision thérapeutique.

HTAP en pratique : programme d’apprentissage en ligne basé sur des cas cliniques pour améliorer les soins aux patients

Il s’agit d’un programme d’apprentissage concis, basé sur des cas, qui aborde :

  • L’identification précoce des patients à haut risque
  • Les principaux outils diagnostiques et les parcours de référence
  • La façon de distinguer l’HTAP des autres groupes d’hypertension pulmonaire
  • Les stratégies de traitement fondées sur les données probantes et le suivi
  • Des scénarios pratiques pour appliquer les recommandations des lignes directrices

Cette activité est un programme accrédité d’autoévaluation de la Section 3 (crédits du CRMCC), développé en collaboration avec des experts canadiens de premier plan.

👉 Inscrivez vous gratuitement :

Ce programme est codéveloppé par la Société canadienne de thoracologie, Respiplus et Merck, et vise à assurer l’intégrité scientifique, l’objectivité et l’équilibre.

Le cours est disponible jusqu’au 30 septembre 2026 et est offert uniquement en anglais.

Foire aux questions : Hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)

Il n'y a pas de cause unique à l'hypertension artérielle pulmonaire. La HTAP peut être :

  • Idiopathique (sans cause identifiable)
  • Héréditaire, due à des variantes génétiques telles que BMPR2
  • Induite par des médicaments ou des toxines, par exemple certains suppresseurs d'appétit
  • associée à d'autres maladies, telles que les maladies du tissu conjonctif, les cardiopathies congénitales, l'hypertension portale, l'infection par le VIH ou les malformations cardiaques congénitales.

Chez de nombreux patients, l'HTAP est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs.

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe l'hypertension pulmonaire en cinq groupes en fonction de la cause sous-jacente :

  • Groupe 1 : hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)
  • Groupe 2 : Hypertension pulmonaire due à une maladie cardiaque gauche
  • Groupe 3 : Hypertension pulmonaire due à des maladies pulmonaires ou à un faible taux d'oxygène
  • Groupe 4 : Hypertension pulmonaire thromboembolique chronique (HTPC)
  • Groupe 5 : Hypertension pulmonaire dont les mécanismes sont incertains ou multifactoriels

L'HTAP correspond spécifiquement au groupe 1 de l'OMS.

Le terme « hypertension pulmonaire » est un terme général qui désigne une pression artérielle élevée dans les vaisseaux sanguins des poumons, quelle qu'en soit la cause.

« L' hypertension artérielle pulmonaire » est un sous-type spécifique (groupe 1 de l'OMS) où le problème se situe principalement dans les petites artères pulmonaires elles-mêmes. Toutes les HTAP sont des hypertensions pulmonaires, mais toutes les hypertensions pulmonaires ne sont pas des HTAP. Il est important d'identifier correctement le groupe, car les tests, les traitements et le pronostic peuvent être très différents.

Les symptômes courants de l'HTAP sont les suivants :

  • Essoufflement, en particulier lors d'une activité physique
  • Fatigue et diminution de la capacité physique
  • Vertiges ou évanouissements
  • Malaise thoracique ou douleur thoracique
  • Palpitations
  • Gonflement des jambes, des chevilles ou de l'abdomen à un stade plus avancé

Les symptômes se développent souvent lentement et peuvent être confondus avec de l'asthme, un déconditionnement physique ou de l'anxiété, ce qui contribue à retarder le diagnostic.

Le diagnostic nécessite généralement :

  • Les antécédents médicaux et un examen physique
  • Une échocardiographie (échographie cardiaque)
  • Des analyses sanguines et des tests de la fonction pulmonaire
  • Une imagerie des poumons (tomodensitométrie ou scintigraphie de ventilation-perfusion)
  • Un cathétérisme cardiaque droit, qui mesure directement la pression dans les artères pulmonaires et qui est la référence pour confirmer l'HTAP et évaluer sa gravité.

En raison de la complexité des examens, les personnes chez lesquelles une HTAP est suspectée sont généralement orientées vers des centres spécialisés dans l'hypertension pulmonaire.

L'hypertension artérielle pulmonaire est généralement une maladie chronique et évolutive. À l'heure actuelle, l'HTAP est considérée comme incurable et ne peut généralement pas être complètement guérie. Cependant, les traitements modernes peuvent améliorer les symptômes, la capacité d'exercice et la survie, et chez certains patients, la progression de la maladie peut être ralentie de manière significative ou partiellement inversée sur le plan fonctionnel.

Dans les rares cas où l'HTAP est causée par une autre affection pouvant être traitée efficacement, une amélioration notable est possible, mais cela nécessite des soins spécialisés.

L'espérance de vie des personnes atteintes d'hypertension pulmonaire, et plus particulièrement d'HTAP, s'est améliorée grâce aux traitements modernes, mais elle varie encore beaucoup d'une personne à l'autre.

Des études récentes sur l'HTAP montrent :

  • Une survie médiane d'environ 6 à 7 ans après le diagnostic dans de nombreuses cohortes
  • Des taux de survie à cinq ans souvent compris entre 50 et plus de 70 %, selon la cause, le profil de risque, la réponse au traitement et l'accès à des soins spécialisés.

Ces chiffres sont des moyennes, et non des prévisions pour un individu en particulier. Un spécialiste de l'hypertension pulmonaire peut fournir des informations plus personnalisées sur la base d'une évaluation détaillée des risques.

Il n'existe pas de traitement « idéal » contre l'hypertension pulmonaire ou l'HTAP. L'approche appropriée dépend du type d'hypertension pulmonaire, de sa gravité et de sa cause sous-jacente. Pour l'HTAP, le traitement recommandé combine généralement :

  • Des médicaments qui ciblent la voie de l'endothéline (antagonistes des récepteurs de l'endothéline)
  • Des médicaments qui ciblent la voie de l'oxyde nitrique (inhibiteurs de la PDE5 ou stimulateurs de la guanylate cyclase soluble)
  • Des médicaments qui ciblent la voie de la prostacycline (analogues de la prostacycline ou agonistes des récepteurs)
  • Des traitements de soutien tels que des diurétiques, de l'oxygène lorsque cela est indiqué et une rééducation supervisée

Les décisions thérapeutiques doivent toujours être prises en concertation avec un spécialiste de l'hypertension pulmonaire.

L'hypertension artérielle pulmonaire est généralement prise en charge par :

  • Des pneumologues ou des cardiologues spécialisés dans l'hypertension pulmonaire
  • Des équipes multidisciplinaires dans des centres spécialisés dans l'hypertension pulmonaire ou les maladies vasculaires pulmonaires

Ces équipes coordonnent les tests diagnostiques, les thérapies avancées et le suivi à long terme.

Le tabagisme est un facteur de risque bien connu des maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Il existe de plus en plus de preuves que l'exposition à la fumée de tabac peut contribuer à des lésions vasculaires pulmonaires et augmenter le risque d'hypertension artérielle pulmonaire chez certaines personnes, en plus d'augmenter clairement le risque d'hypertension pulmonaire liée à une maladie pulmonaire chronique.

Même si le tabagisme n'est pas la seule cause, il est fortement recommandé d'arrêter de fumer à toute personne souffrant d'hypertension pulmonaire ou présentant un risque de développer cette affection.

L'hypertension pulmonaire terminale désigne une maladie à un stade avancé où le côté droit du cœur est gravement affaibli et où les symptômes sont présents même au repos. Les personnes à ce stade peuvent présenter :

  • Un essoufflement sévère lors d'une activité minimale
  • Un gonflement marqué, une accumulation de liquide dans l'abdomen et une pression artérielle basse
  • Des hospitalisations fréquentes pour insuffisance cardiaque droite

La prise en charge se concentre sur un traitement médical intensif, l'évaluation d'une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire lorsque cela est approprié, et des soins palliatifs et de soutien pour soulager les symptômes et maintenir la qualité de vie.