COVID-19 : Les piliers de la vérité

4 piliers cylindriques

La COVID-19 existe, elle tue et affecte les gens de multiples façons, et elle peut être presque totalement évitée en utilisant des vaccins et en suivant des mesures de santé publique.

Depuis l’apparition du virus SRAS-CoV-2 à l’origine de la COVID-19 fin 2019, le monde a été transformé par la pandémie qu’il a provoquée et les vastes mesures mises en place pour tenter de la contrôler. Au cours de cette période, notre compréhension de la COVID-19 a considérablement évolué grâce aux nouvelles recherches et aux vaccins qui ont été mis au point et qui peuvent effectivement mettre fin à la pandémie.

Cependant, la pandémie de COVID-19 a également donné naissance à un miasme de fausses nouvelles, de théories du complot et de représentations inexactes de ce qui se passe réellement. Les personnes qui suivent les nouvelles quotidiennes sur la COVID-19 peuvent facilement se perdre dans des discussions sur la meilleure façon de diagnostiquer, traiter ou contrôler la COVID-19.

Il est donc utile d’énoncer et de renforcer ce que nous savons être vrai en ce qui concerne la COVID-19.

Que savons-nous de la COVID-19 ?

Le premier fait, et le plus évident, est que la COVID-19 et le coronavirus SRAS-COV-2 qui en est à l’origine, existent bel et bien et ont eu un impact considérable sur la santé et le bien-être des populations du monde entier. Depuis le 19 juillet, près de 189 millions de personnes ont été infectées et près de 4 millions de personnes sont décédées dans le monde à cause de la COVID-19. Au Canada, un peu plus de 1,4 million de personnes ont été infectées par le SRAS-COV-2 et plus de 26 000 personnes sont mortes de ce virus. Des centaines de milliers de personnes continuent de souffrir des effets résiduels de la maladie, même après avoir récupéré de la phase aiguë (ce qu’on appelle la « COVID longue »).

Pour citer Santé Canada: « La COVID-19 est une menace sérieuse pour la santé ».

L'impact de la COVID-19

L’impact de la COVID-19 va bien au-delà du lourd tribut qu’il a causé à la vie et à la santé.

Comme l’Organisation mondiale de la santé l’a déclaré en octobre dernier : « La pandémie de COVID-19 représente un défi sans précédent pour la santé publique, les systèmes alimentaires et le monde du travail. Les perturbations économiques et sociales causées par la pandémie sont dévastatrices : des dizaines de millions de personnes risquent de tomber dans l’extrême pauvreté, tandis que le nombre de personnes sous-alimentées, actuellement estimé à près de 690 millions, pourrait augmenter de 132 millions d’ici la fin de l’année. Des millions d’entreprises sont confrontées à une menace existentielle. Près de la moitié des 3,3 milliards de travailleurs dans le monde risquent de perdre leurs moyens de subsistance ».

Comme le montrent les chiffres ci-dessus, le Canada est loin d’avoir été épargné par les ravages de la COVID-19, les infections ayant déferlé sur le pays par vagues. De nombreux médecins canadiens de premier plan et d’autres experts en soins de santé ont noté que le virus a révélé des fissures qui existaient déjà dans le système d’assurance-maladie du Canada et a eu un impact disproportionné sur les groupes défavorisés tels que les peuples autochtones et les communautés racialisées. Ces conclusions ont également été étayées par des preuves solides permettant de déterminer qui a été infecté et où.

De nombreuses personnes qui ne travaillent pas directement dans le secteur des soins de santé et qui n’ont pas eu de contact direct avec la COVID-19 ont ressenti et vu l’impact de la pandémie à travers les mesures de santé publique imposées pour contrôler la propagation du virus. La meilleure façon de contenir la COVID-19 a fait l’objet de nombreux débats et les conseils donnés ont évolué au fil du temps, au fur et à mesure que nous comprenions mieux le virus. Il est prouvé que le fait de se tenir physiquement éloigné des autres, de se laver les mains et de garder les surfaces propres, ainsi que de porter une sorte de couverture faciale sont autant de moyens efficaces de réduire ou d’éliminer l’infection.

Comment les vaccins contre la COVID-19 ont-ils été développés si rapidement ?

Les mesures de santé publique nous ont été extrêmement utiles pour faire face à cette pandémie. Mais c’est le développement de vaccins qui promet d’y mettre fin. Il y a de très bonnes raisons pour lesquelles les vaccins COVID-19 ont été développés si rapidement et elles peuvent être résumées comme suit :

  • Les progrès de la science et de la technologie
    • Le virus COVID-19 est un membre de la famille des coronavirus que les chercheurs étudiaient depuis plusieurs années et sur lesquels ils disposaient déjà de nombreuses informations. Les améliorations récentes dans la manière de fabriquer les vaccins pourraient également être appliquées au développement du vaccin COVID-19.
  • Collaboration internationale
    • Le partage des données au niveau mondial a permis aux chercheurs de collaborer étroitement au développement des vaccins COVID-19. Par exemple, un profil génétique complet de la COVID-19 a été réalisé et partagé seulement 10 jours après les premiers cas signalés à Wuhan, en Chine. Une plus grande collaboration a également permis d’entreprendre des recherches parallèles, accélérant ainsi le processus de développement du vaccin.
  • Augmentation du financement dédié
    • Le développement d’un vaccin est un processus coûteux et les agences gouvernementales et nationales ont fourni un financement important pour soutenir le développement du vaccin COVID-19 et les essais cliniques associés pour tester la sécurité et l’efficacité des vaccins. Un plus grand financement a également permis aux entreprises d’effectuer des tests du vaccin en parallèle, accélérant ainsi le processus de développement du vaccin. L’augmentation du financement a également permis d’entreprendre une fabrication à grande échelle alors que les essais cliniques étaient encore en cours.

Qu'en est-il des tests des vaccins COVID-19 ?

Des tests rigoureux des vaccins COVID-19 ont démontré que ceux dont l’utilisation a été approuvée au Canada étaient à la fois très efficaces et très sûrs. La modification des recommandations concernant le type et le moment d’administration des vaccins à deux doses utilisées au Canada ne doit pas occulter ces faits.

Bien que certaines personnes rapportent avoir eu mal au bras après avoir été vaccinées avec les vaccins COVID-19, et que d’autres rapportent des maux de tête ou d’autres symptômes relativement mineurs, les effets indésirables mettant la vie en danger sont rares. Étant donné que des millions de Canadiens reçoivent des millions de doses de vaccin, il ne faut pas s’étonner de l’apparition d’effets secondaires graves. De même, comme aucun vaccin n’est efficace à 100 %, il y aura des cas de personnes développant la COVID-19 alors qu’elles sont entièrement vaccinées. Ces faits n’enlèvent rien à l’impact positif incroyable de la vaccination sur le contrôle de la COVID-19.

Les chiffres ne mentent pas. Les vaccins fonctionnent et ils aident le Canada et le reste du monde à atteindre un stade où la pandémie ne dominera plus nos vies.

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À propos des auteurs

Jean Bourbeau est directeur du centre de médecine innovatrice du CUSM, de la clinique MPOC et l’Unité de réadaptation pulmonaire, à l’Institut thoracique de Montréal du CUSM. Ses travaux et recherches, surtout sur la MPOC, la réadaptation pulmonaire, les programmes intégrés de soins avec autoprise en charge chez les patients avec MPOC (www.mieuxvivreavecunempoc.com) ont eu une influence non seulement dans le domaine de la recherche, mais aussi dans la pratique clinique ainsi que dans le domaine public au niveau national et international.

Dr Jean Bourbeau

MD, MSc, FRCPC

Maria Sedeno gère RESPIPLUS, un organisme à but non lucratif voué à l’amélioration de l’éducation des professionnels de la santé et des patients dans le domaine respiratoire. Elle est co-auteure des programmes Mieux vivre avec une MPOC et Mieux vivre avec une fibrose pulmonaire. Ces plateformes éducatives en autogestion aident les patients à faire les changements nécessaires dans leur mode de vie afin de mieux gérer leur maladie chronique. Maria Sedeno dirige les développements nationaux et internationaux liés à ces programmes.

Maria Sedeno

MM, BEng

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